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Gestion de bibliothèque : un éditeur met son progiciel en open source

Gestion de bibliothèque : un éditeur met son progiciel en open source

Par FJ le 11 Février 2010

Le français Ever Team crée la surprise en annonçant que son logiciel de gestion de bibliothèque Flora Library va désormais exister en version open source, sous le nom d’Open Flora. L’éditeur espère dynamiser ainsi un marché plutôt atone. Et récupérer dans ses ventes de support, « l’investissement » ainsi consenti.

Cela ressemble à une première. Bien sûr, il y a longtemps que le monde des éditeurs et celui du logiciel libre ont tenté des rapprochements. Dans le domaine des progiciels techniques essentiellement (bases de données, gestion de contenus, systèmes d’exploitation, clés de sécurité, etc). Et souvent sur une base de travail initiée par la communauté open source, rejointe ensuite par un acteur de l’industrie et ses dollars. On pense à des sociétés comme Sun, IBM, Bull, etc.

Dans le domaine des progiciels métiers – et du secteur public -, les avancées sont plus lentes. Depuis dix ans, nous avons certes pu constater les efforts de certains développeurs pour lancer des projets open source autour de la gestion des élections par exemple (OpenElec), avec la bénédiction et le soutien de l’Adullact. Il y a deux ans, un éditeur comme GFI avait marqué les esprits en interfaçant sa gamme Astre avec un module de GED open source proposé par Alfresco, pour en étendre les fonctionnalités.

Mais il semble bien qu’Ever Team soit un pionnier d’un autre genre. Car à notre connaissance, peu d’éditeurs – et encore moins de cette surface dans le secteur public – ont osé décliner en module open source un produit qui avait rempli jusqu’ici leur tiroir caisse. Pour Jacques Sebag, directeur général, il s’agit « de dynamiser un marché plutôt atone ces dernières années. Nous sommes face à un paradoxe. D’un côté les responsables des bibliothèques aimeraient développer des fonctionnalités complexes, par exemple pour donner satisfaction aux usagers des bibliothèques universitaires, très férus de web 2.0 et autres réseaux sociaux. Mais de l’autre, ils n’ont pas forcément les moyens de se payer de tels produits. Le résultat, c’est un manque assez flagrant d’appels d’offres ces temps-ci ».

Pour dénouer la situation, l’éditeur a donc décidé de proposer un logiciel complet de gestion de bibliothèque en mode Open Source, appelé OpenFlora ([url=http://www.openflora.com]http://www.openflora.com[/url]). Il le présente comme une solution intégrée conçue dans le respect des normes métier et des standards informatiques, avec une couverture fonctionnelle SIGB complète, dédiée à la gestion et à la valorisation de l’ensemble des collections des bibliothèques.

Ever team va continuer à faire évoluer en parallèle Flora Library, le progiciel propriétaire dont il est issu, afin de satisfaire les besoins de la base installée. Mais espère bien que la communauté qui va se fédérer autour de Open Flora, va aussi apporter son lot d’innovations et de nouveaux modules, que l’éditeur se chargera de certifier dans OpenFlora pour maintenir la cohérence de l’ensemble.

Car ne nous y trompons pas. L’acte n’est pas philanthropique. Certes, les universités ou les collectivités qui vont utiliser Open Flora, économiseront le prix de la licence. Cependant, sur la durée de vie habituelle d’une application de ce type, à savoir 5 à 7 ans, les frais de déploiement au départ, de support et de maintenance, représentent plus de 90% de la facture globale. Et la licence elle-même, bien moins de 10%! « L’achat de la licence, au début du projet, pèse lourd à cet instant T dans les budgets, et gèle bien souvent les décisions » rétorque le responsable d’Ever Team.

Ce qui est certain, c’est que le réseau de partenaires de services (dont la société Serda, bien connue dans les milieux de la documentation, qui vient de signer un partenariat autour d’Open Flora justement parce que la solution était open source) va jouer un rôle déterminant dans l’acceptation, ou pas, de cette nouvelle relation entre un éditeur et ses « clients ». Rendez-vous d’ici quelques mois pour juger de l’adhésion des collectivités, et des effets de cette petite bombe sur le marché. Ever Team n’a de toute façon pas mis tous ses oeufs dans le même panier et continue de commercialiser de manière traditionnelle les autres logiciels de la gamme Flora (Flora  Musées et Flora Archives), ainsi que certains modules additionnels pour OpenFlora (GED, RFID, etc…). Au poker, n’est ce pas ce que l’on appelle « payer (un peu)... pour voir » ?

 



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